L'Italie a d'ores et déjà réussi son Mondial ! Arrivée en Allemagne le dos chargé d'affaires en tous genres, entre soupçons de corruptions d'arbitres, accusations de paris interdits, histoires d'agents de joueurs véreux, la Squadra Azzurra a sans doute puisé dans cette lourde adversité les ingrédients de son parcours actuel, elle qui a en outre été profondément marquée dans la semaine par la tentative de suicide de l'ancien joueur de la Juventus, Gianluca Pessotto. Et c'est justement l'un des Bianconeri ayant souhaité dans la semaine rendre visite à son ex-coéquipier, qui lutte encore entre la vie et la mort dans un hôpital turinois, qui a été le détonateur de la victoire italienne sur l'Ukraine, un autre Gianluca, Zambrotta. Buteur au bout de 5 minutes de jeu d'une lourde frappe du gauche, passeur décisif sur le dernier but, l'homme à tout faire de la Squadra, capable de passer de droite à gauche, de la défense au milieu, voire à l'attaque, avec une faculté d'adaptation déconcertante, a mis l'Italie sur les rails des demi-finales avec un affrontement à venir contre l'Allemagne, tombeuse de l'Argentine quelques heures plus tôt aux tirs au but.
L'équipe de Marcello Lippi s'est même grandement facilité les choses en marquant très tôt. Après une première alerte signée Camoranesi qui ne trouve pas le cadre (4e), son coéquipier à la Juve, Zambrotta se montre plus précis : après avoir récupéré la balle à 40 mètres du but adverse sur la droite, il se recentre et tente sa chance du gauche de 25 mètres, avec succès puisque Chovkovsky, pas spécialement à son affaire sur le coup, ne peut que freiner la course du ballon qui finit au fond de ses filets (1-0, 6e).
Le plus dur est fait pour la Squadra Azzurra qui gère à sa main la première période, il est vrai aidée par des Ukrainiens timorés. Une frappe de Totti sur coup franc n'inquiète pas Chovkovsky (16e), tandis qu'en face, on note juste une tentative lointaine de Timochtchouk à côté (33e). Sans doute conscients dans les vestiaires qu'ils doivent se montrer bien plus entreprenants pour espérer menacer les Italiens, les Ukrainiens reviennent sur le terrain avec de bien meilleures intentions et font passer pas mal de frissons dans la défense adverse : un centre dangereux de Kalinitchenko passe ainsi devant le but (49e), avant que Buffon ne repousse le ballon sur son poteau droit suite à une tête de ce même Kalinitchenko (50e).
Et que dire de cette nouvelle énorme occasion pour les hommes d'Oleg Blokhine avec un décalage de Milevsky pour Goussev dont la frappe croisée trouve encore Buffon sur sa route, la reprise de Kalinitchenko étant sauvée sur sa ligne par Zambrotta (59e). Les Ukrainiens ne mettent qu'une poignée de secondes pour se rendre compte que leur chance est passée : sur l'action qui suit, un corner vite joué entre Pirlo et Totti atterrit sur la tête victorieuse de Toni, plus prompt que son garde du corps Goussine et auteur de la tête de son premier but du Mondial (59e). Le break est fait, même si l'Ukraine frôle immédiatement la réduction du score lorsque Goussine reprend d'une bonne tête croisée un coup franc tiré par Kalinitchenko sur la barre (61e)!
A force de ne pas marquer, les partenaires de Shevchenko sombrent corps et âme sous les coups de boutoir du grand homme du match, Zambrotta. Le joueur de la Juve efface deux adversaires sur le côté gauche de la surface avant de servir dans l'axe Toni qui ne se fait pas prier pour inscrire un doublé (69e). Cette fois, les jeux sont faits, Lippi peut faire tourner son effectif, sans doute satisfait d'être épargné d'une prolongation à haute tension comme celle qu'a vécue quelques heures plus tôt l'Allemagne. A ce stade de la compétition, la fraîcheur des uns et des autres est un élément qui peut compter...


